L'autre goût du Challenge
Cette année, devant des milliers d’étudiants qui sont les managers de demain, le Challenge
a fait le pari de s’ouvrir encore plus largement au handicap. Une dimension de l’opération
largement plébiscitée par les entreprises et les étudiants.
« On parle de choses sérieuses ici sans se prendre au sérieux, j’aime
ça. Parler du handicap, de la diversité de façon décalée, c’est encore la
meilleure façon de faire tomber les préjugés ». Ryadh Sallem est champion
d’Europe de basket fauteuil et Directeur de Cap Sport Art Aventure Amitié.
Handicapé moteur, l’homme se bat depuis des années pour changer les
mentalités et faire tomber les murs du « ghetto » dans lequel vivent les
handicapés. Derrière lui, sur le stand de Lagardère, des handicapés sont
déguisés en super héros et deux valides tentent de déballer un carambar
et de gonfler un ballon avec des gants de boxe. Eclats de rires.

A l’heure où la loi fait peser de nouvelles contraintes sur les entreprises en
matière d’embauche de salariés handicapés, il était temps, selon Ryadh
Sallem, que les écoles s’emparent de ces problématiques. « Les grandes
écoles répètent les mêmes choses depuis des décennies, c’est leur boulot
mais elles commencent tout juste à bouger et à évoluer au contact des
entreprises et de ces réalités », souligne-t-il.
La Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) a été au coeur de la journée
dans les travées du Stade Charléty : des formations en langue des signes,
des débats sur la mixité en entreprise, des tables rondes sur l’intégration
des handicapés… « Beaucoup d’étudiants ont répondu présent », affirme
Christophe Lasserre, rédacteur en Chef du Journal des Grandes Ecoles.
Pour lui, le Challenge du « monde des Grandes Ecoles et Universités »
est un concept parfait pour parler RSE. « Le sport est un domaine où la
diversité et la mixité ont un sens. Les sportifs savent qu’une bonne équipe
ce n’est pas que des stars. La cohésion, la solidarité, l’esprit d’équipe
comptent tout autant que le talent individuel », souligne-t-il.